Le Manoir de Soisay

Oui, je dois bien l’avouer… j’ai la chance d’habiter à seulement 2 km, par les chemins creux, du magnifique Manoir de Soisay.

Le Manoir de Soisay est sans doute l’un des plus impressionnants manoirs du Perche. Dès que l’on franchit son portail végétal, on comprend immédiatement pourquoi : les bâtiments sont immenses, la cour parfaitement harmonieuse, et cette pierre de roussard donne aux façades cette couleur chaude et vibrante si caractéristique de La Perrière.

Construit vers 1530 par François du Grenier, le manoir traverse les siècles avec une élégance rare. À la disparition de son fondateur en 1543, sans descendance, la propriété reste dans sa famille jusqu’au 13 septembre 1600, date à laquelle elle est vendue à Anselme de Fontenay.

Marié à Marie de la Martelière, Anselme de Fontenay mène alors une brillante carrière militaire aux côtés de Louis XIII. Devenu maître de camp de l’infanterie française, il reçoit du roi le titre de seigneur-châtelain ainsi que le droit d’exercer la justice haute, moyenne et basse selon la coutume du Grand Perche.

Sous l’impulsion d’Anselme et de Marie de la Martelière, le domaine connaît d’importants travaux d’agrandissement et d’embellissement pour accueillir leur famille de neuf enfants. Aujourd’hui encore, cette époque marque profondément l’architecture du lieu : le pignon nord, la chapelle, le fournil, les écuries ou encore le pigeonnier témoignent de cette prospérité seigneuriale.

Après la disparition de Marie de la Martelière, Soisay devient le cœur d’une importante exploitation agricole et le restera jusqu’au XXe siècle.

En 1930, le domaine est vendu à la famille Barbé avec ses 102 hectares de terres.

Puis, en 1978, André Loth entreprend une restauration minutieuse du manoir. Grâce à lui, Soisay est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Son épouse, passionnée de botanique, enrichit également le domaine en plantant de nombreuses essences rares dans le massif boisé.

Le lieu attire aussi les artistes. Le compositeur et chef d’orchestre Laurent Petitgirard y réside plusieurs années et y compose son premier opéra, Joseph Merrick dit Elephant Man.

Depuis près de vingt ans, Aline et Olivier Le Grand poursuivent cette belle aventure en accueillant de jeunes artistes en résidence d’été et en organisant des rencontres avec le public. À Soisay, la création contemporaine dialogue avec un passé toujours vivant.

Mais ce qui touche le plus ici, au-delà de l’histoire et de l’architecture, c’est l’atmosphère.

On s’y sent à la fois minuscule et profondément apaisé. Le silence, les jardins, les vieilles pierres et les œuvres d’art contemporain créent une émotion rare, presque hors du temps.

Ouvert l’été en semaine, le Manoir de Soisay est une parenthèse précieuse à découvrir absolument pendant votre séjour au Clos de la Fuie.

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