Manoir de la Vove, Corbon (1/2)

Le manoir de la Vove m’avait particulièrement impressionné lorsqu’il y a un bout de temps maintenant, j’avais visité ses extérieurs.

Ça faisait un moment que je souhaitais vous en parler et comme vous le savez, j’essaie au maximum de rentrer en contact avec les propriétaires pour m’assurer de leur accord de diffusion des photos. Et un jour, alors que j’échangeais avec une membre de mon groupe FB Perche Patrimoines, Nathalie m’apprend qu’elle travaille dans ce manoir…

Un grand Merci Nathalie pour votre gentillesse, pour les photos, pour les infos et pour avoir su si bien faire le relais auprès du propriétaire. Et un grand merci aussi à lui pour son aimable autorisation de diffusion.

Le manoir de la Vove est situé sur la commune de Corbon, il est classé comme monument historique depuis 1974.

Gardien de la vallée de l’Huisne, la Vove était l’une des plus importantes places fortes du Perche. Le nom de la Vove apparaît dès le XIIe siècle avec la très riche famille de Louël de la Vove qui serait, plus tardivement, à l’origine du manoir.

Le domaine seigneurial de la Vove comprenait le manoir, la chapelle, plusieurs fermes (dont deux au sud du manoir), un moulin (situé sur la commune de Courcerault) et une ancienne forge détruite à la Révolution.

Le Manoir : il s’organise autour de deux espaces : la haute cour à l’ouest, face au manoir et entourée de murs ; la basse-cour à l’est où s’articulent les bâtiments agricoles dont ne subsiste que la grange.

L’ensemble est clos de murs. L’accès se fait par un portail monumental composé de deux piliers maçonnés en pierre de taille ou par une porte en anse de panier comprise dans le mur, près de l’aile sud-est. Le magnifique portail d’entrée provient de la destruction des halles de Paris !

Le logis manorial adopte un plan en « L ». Le manoir se compose d’un pavillon (15e siècle) formant équerre avec un logis plus important (18e siècle). Au point de jonction se trouve une tourelle octogone, flanquée d’une autre plus petite en encorbellement.

L’aile nord-ouest comprend un rez-de-chaussée surmonté de deux étages carrés et d’un étage de comble. Une imposante tour octogonale, flanquée contre la façade sud-est, abrite un escalier en vis en pierre qui dessert les étages. Cette tour, richement décorée, est accessible par une porte de style gothique flamboyant en arc surbaissé, encadrée de pinacles et surmontée d’un tympan ogival décoré de feuillages, terminé par un arc en accolade couronné par un fleuron. Ses niveaux d’élévation sont séparés par des larmiers.

L’escalier en vis, au noyau central hélicoïdal mouluré, est éclairé par des fenêtres aux encadrements moulurés se terminant en prisme et surmontées d’un linteau en accolade. Le départ en tas de charge des nervures, supportées par des culots sculptés d’un bestiaire fantastique, montre que le projet initial de couvrement de la tour d’une voûte d’ogive n’a jamais été réalisé.

La chambre du guetteur, au dernier niveau de la tour, est accessible par un petit escalier en vis contenu dans une tourelle en encorbellement.

Un cadran solaire orne la tour octogonale dans sa partie inférieure.

La tour nord, possible vestige de l’ancien donjon, est de section circulaire à l’extérieur, carrée à l’intérieur. L’épaisseur de ses murs excède le mètre cinquante. Composée de quatre niveaux d’élévation surmontés d’un comble, elle est percée de fenêtres à l’est et à l’ouest dont une seule, au troisième étage à l’est, a conservé ces proportions et ces moulurations gothiques (traverse disparue) de la même époque que l’aile nord-ouest et la tour d’escalier. Les autres ouvertures ont été agrandies tardivement.

L’aile sud-est s’élève sur deux niveaux. Sa façade sud-ouest conserve les vestiges d’une baie originelle bouchée (fenêtre à meneau et à traverse). Les autres ouvertures ont subi de nombreuses modifications. La façade nord-est est rythmée par huit travées. Quatre murs de refend ( mur porteur de l’intérieur délimitant les pièces) montre l’évolution de ce bâti.

La chapelle : De plan rectangulaire à chevet à pans coupés, la chapelle est orientée à l’est. Parmi les sept fenêtres-hautes en arc brisé qui éclairent l’édifice, deux sont à réseau flamboyant.

Voûtée en berceau continu couvert d’un lambris, elle aurait dû, faute de moyen financier ou de main-d’oeuvre qualifiée (?), être couverte en croisée d’ogives comme en témoignent le départ des nervures à l’intérieur.

La grange et le fournil : De dimension importante, la grange porte les traces de la réfection de sa charpente sur ses pignons (pente de toit moins importante que précédemment). Les ouvertures ont été transformées tardivement. Le fournil se situe à l’entrée de la propriété, directement au sud du manoir.

Les extérieurs du manoirs sont ouverts tous les lundis et samedi de 14h30/18h30, toute l’année ! Et lors des Journées européennes du Patrimoine.

A suivre : l’histoire du Manoir de la Vove

Sources : Momumentum, Petit patrimoine, inventaire du Patrimoine

Photos : Nathalie Coquerel, Pascal Celis, Yoann Fromentin et Frédéric Poupry

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