Le Manoir de la Vove 2/2

Son histoire

Parmi les plus puissants du Perche, dès le XIIème siècle, les seigneurs de la Vove habitent un manoir qui surplombe et garde la vallée de l’Huisne, entre Mauves-sur-Huisne et Boissy-Maugis, dont la tour circulaire, au nord de l’actuel manoir, constituerait l’unique vestige (ancien donjon).

Selon certaines sources, Jean de la Vove – responsable de la construction d’une importante forge sur l’Huisne en 1477 – serait également à l’initiative de la reconstruction du manoir au dernier quart du XVème siècle.

Le manoir passe ensuite, par mariage, dans la famille de Langan en 1572. Il est mis en vente pour la première fois en 1765 par le marquis de Langan au profit de Philippe-Denis de Glapion qui l’acquiert. De cette époque, ou du siècle précédent, dateraient le prolongement de l’aile en retour d’équerre au sud-est, la construction du fournil, de la grange au sud-est du manoir, la reconstruction des murs de clôture et du portail et l’agrandissement des fenêtres du logis manorial.

A la Révolution, le manoir est déclassé en ferme et vendu comme bien national. C’est une seule et même famille d’agriculteurs qui depuis la révolution le loue en fermage ! et qui laisse les bâtiments à l’abandon.

En 1969, le manoir est acheté avec 5 hectares par Roger Couvelaire, un professeur d’urologie renommé. Il entreprend une réhabilitation titanesque de plus de 20 ans. En 1981, le gros oeuvre s’achève, reste à aménager l’intérieur et l’extérieur ! Mis à part deux marronniers centenaires, tous les arbres du parc avaient été coupés et les bois défrichés. Peu à peu, la famille Couvelaire rachète des terres et les reboise. Aujourd’hui, une cinquantaine d’hectares de bois et de prairies entourent à nouveau le manoir.

Le professeur Couvelaire décède en 1986 et c’est l’un de ses fils qui s’y installe complètement en 1995. Celui-ci confie dans un article de Pays du Perche « la restauration est terminée depuis 1990, mais il faut l’entretenir. En réalité, à la Vove, comme dans toutes les demeures de cette dimension, les travaux ne finissent jamais ».

Anecdote : En 1967, Roger Couvelaire tombe sur une photo du manoir de la Vove alors en péril dans le magazine Connaissance de la campagne. Il contacte immédiatement l’auteur de l’article, un historien bien connu dans le Perche : Philippe Siguret… 3 jours plus tard, les deux hommes visitent le manoir qui est dans un triste état. Le Professeur décide de l’acheter pour le sauver. Or, La Vove n’est pas à vendre… Après de longues négociations, en 1969, le professeur Couvelaire acquiert le manoir et cinq hectares. On murmure que la restauration aurait couté 30 fois plus chère que le prix d’achat !

Sources : inventaire patrimoine, Archives départementales de l’Orne, Hors série Pays du Perche sur les Manoirs

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