Le saviez-vous ?

Aristide Boucicaut, le fondateur du célèbre grand magasin parisien « Au Bon Marché » est percheron !
En 1883, Émile Zola s’est largement inspiré de cette succès story perchero-française dans son chef-d’oeuvre «Au bonheur des Dames».
La bosse sur le front d’Aristide Boucicaut serait à l’origine de l’expression « avoir la bosse du commerce ».
Retour sur ce génie visionnaire pionnier du commerce moderne !
Aristide Boucicaut est né à Bellême le 14 juillet 1810. Ses parents, Jean Boucicaut et Jacqueline Françoise Charpy, sont installés dans cette petite ville du Perche comme chapeliers. À cette époque, les commerçants bellêmois nombreux et actifs, apportent au monde agricole les produits manufacturés.

L’apprentissage du commerce sur les foires et marchés du Perche
Après ses premières années dans la boutique paternelle comme simple commis chapelier, en 1828, à 18 ans, Aristide quitte Bellême pour suivre comme associé un marchand de bonneterie ambulant. Durant sept années, il apprend à vendre un peu de tout, sur les marchés et foires du Perche et de Normandie. Vers 1835, il rejoint le magasin « Le Petit-Saint-Thomas », rue du bac à Paris. Il y gravit tous les échelons jusqu’à chef du comptoir des châles. La révolution de 1848 conduit à la faillite « Le Petit-Saint-Thomas ». Cette même année, Aristide épouse Marguerite Guérin, bourguignonne d’origine modeste.
L’association en 1852 avec le propriétaire du Bon Marché

Les économies du couple et quelques héritages percherons permettent une association avec le propriétaire d’une boutique de nouveautés et mercerie « Au Bon Marché » à l’angle de la rue de Sèvres et de la rue du Bac à Paris. Aristide Boucicaut y met en pratique des idées novatrices. Au lieu de vendre « à la tête du client », il impose des prix fixes et affichés, une baisse de la marge bénéficiaire, la possibilité de rendre ou échanger les produits. Les clients peuvent entrer, regarder et sortir sans avoir acheté et sans être harcelés par un vendeur. L' »Entrée libre » est né !
C’est aussi l’époque du développement des transports urbains à Paris. Le succès est fulgurant.
En janvier 1863, Boucicaut devient seul propriétaire du Bon Marché
Effrayé par les innovations de son associé et par cette réussite, le propriétaire d’origine, Paul Videau, cède ses parts à Aristide Boucicaut. Ce dernier y est aidé par Henri Maillard, commerçant de Mortagne devenu pâtissier prospère à New York, grâce à une avance financière du couple Boucicaut. Aristide peut maintenant développer toutes ses idées : le blanc, les réclames, le catalogue des produits du « Bon Marché », le service de livraison à domicile à Paris et par correspondance en Province, les promotions, les soldes…


Le couple expérimente des méthodes commerciales fondées sur une connaissance fine du client, tout en s’attachant à améliorer les conditions de vie et de travail de leurs employés.
Le personnel chôme les dimanches et jours fériés et les heures de travail sont fixes.
Les Boucicaut vont investir pour développer leur commerce, mais aussi pour le bien de leur personnel.
Un grand magasin à l’architecture moderne et fonctionnelle.
En septembre 1869, Madame Boucicaut pose la première pierre du nouveau magasin qui deviendra référence pour d’autres grands magasins à Paris, en province et à l’étranger. L’architecte Louis-Charles Boileau introduit le principe d’une ossature métallique et de faux-plafonds en verrières confiés à l’ingénieur-constructeur Armand Moisant, puis à Gustave Eiffel pour des agrandissements en 1879. Parallèlement, un plan social pour le personnel est appliqué : salaire minimum et prime sur les ventes, hiérarchie avec progression selon ancienneté et mérites, cantine et service médical gratuits, congés, régime de prévoyance.

Le succès est considérable : le Bon Marché est le premier grand magasin de Paris.


Le couple Boucicault, mécène de Bellême
En 1873, Aristide Boucicaut fait construire à Bellême, prêt de la boutique paternelle, une maison de villégiature en brique et calcaire. Il meurt à Paris en 1877. Sa femme, qui hérite de l’empire commercial de son mari, met sa fortune au profit de nombreuses œuvres de charité, fondant notamment l’hôpital Boucicaut à Paris et favorisant la construction du nouvel hôpital de Bellême.
Bellême, lieu de naissance d’Aristide Boucicaut, reste une ville dynamique et accueillante grâce à ses nombreux commerçants et à son association « Bellême Boutiques ». La ville de 1550 habitants ne compte pas moins de 80 commerces !

Sources : De Bellême au Bon Marché, Aristide Boucicaut l’inventeur du commerce moderne. Eric Yvard, Edition L’Etrave 2010 Bellême patrimoine et article du Perche de Luc Moriceau du 24 juin 2016
