
Si nous avons choisi de poser nos valises au Clos de la Fuie pour mieux vous le partager, ce n’est pas un hasard… Nous sommes tombés amoureux du Perche, de La Perrière, de la maison et depuis toujours nous sommes férus de patrimoine, d’histoire et d’anecdotes.
À 8 km du Clos de la Fuie, juste avant d’arriver à Pervenchères par la route de Vidai se dresse en haut d’une colline le manoir de Vauvineux. C’est une visite dont nous ne nous lassons jamais, exemple parfait d’un sauvetage grâce à des propriétaires passionnés !

« Cette belle construction (…) est irrémédiablement destinée à disparaître. Que resterait-il à sauver, s’il est peut-être encore temps : les cheminées et les encadrements des fenêtres aux meneaux finement sculptés ?… Le beau logis (…) n’est plus qu’un lointain souvenir; la chapelle convertie en grange ne résonnera plus des chants de la messe; la vie a quitté Vauvineux. »
Voici donc l’état des lieux inquiétant du Manoir de Vauvineux dressé en 1961 par les Cahiers Percherons.
60 ans plus tard, c’est un tout autre visage que nous offre ce manoir, dont la maison seigneuriale a été édifiée au XVème siècle.
C’est à Mme et M. Picq que nous devons la renaissance de cette propriété dont l’histoire est à découvrir dans la seconde partie.
Les extérieurs du Manoir et la chapelle sont ouverts gratuitement au public l’été.
Voici l’histoire de ce lieu :

Juché sur l’une des collines du Perche, le manoir de Vauvineux bénéficie d’un rôle stratégique de premier plan que lui confèrent une position dominante et un vaste panorama. A l’horizon, les massifs forestiers de Perseigne et d’Ecouves. Le fief de Vauvineux, dont le nom Valle Vinosa, témoigne de la présence ancienne de vignes, existe dès le XIème siècle. Le sire de Vauvineux s’enrôle sous la bannière de Geoffroy IV comte du Perche, lors de la quatrième croisade en 1202.
A l’origine, il y a à Vauvineux 2 châteaux bâtis sur le même site : la « grosse tour », ou donjon, sous l’autorité de Bellême, et le petit château sous la dépendance du seigneur de Montgaudry. Ces 2 châteaux, construits côte à côte, continuent à coexister jusqu’à la guerre de Cent ans. La place forte appartient aux familles Carrel et Cissay. Après la guerre de Cent ans, Vaunvineux perd son rôle militaire lors de la construction de l’actuel manoir à la fin du XVème siècle.
Au XVIIème siècle, le manoir appartient à Charles de Cochefilet, ambassadeur à Venise. Sa fille Charlotte épouse en 1679 Charles de Rohan, prince de Guéménée, duc de Montbazon.
Les Rohan vendent les terres et le manoir en 1773 à Louis-Philippe Potier, Lieutenant du Roi pour le Maine. Ce dernier le céde à son tour en 1781 à Antoine de Gaston, capitaine de vaisseau, que la révolution contraint à émigrer. Son épouse réussit à racheter ses biens confisqués. Cependant, les Gaston n’y résident guère et abandonnent Vauvineux, jugé incommode et démodé.

Acheté par Marius Bianchi, agent de change parisien en 1879, mais laissé en habitation aux fermiers, le manoir n’est plus entretenu jusqu’à ce que son état de ruine ne pousse les propriétaires, en 1900 à en commencer la démolition : un étage est arasé, la grosse tour cylindrique située à l’arrière du manoir est démolie.
Le dernier fermier part en 1972 et les premiers travaux de restauration débutent en 1992 par M. et Mme Picq.

Dédiée à St Georges, l’ancienne chapelle seigneuriale est érigée hors le clos manorial, à l’est du logis dans les premières années du XVIIème siècle. Elle est profondément mutilée à la révolution lors de sa transformation en pressoir : suppression du clocheton et éventration du mur sud par une grande porte de grange. La Chapelle menacent de s’écrouler. En 2007, les Picq décident de s’attaquer à sa restauration et la sauve !


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